Extrait du chapitre 5 de Maëlle et les gardiennes des sortilèges

Lorsqu’elle arriva chez elle, la fillette trouva sa mère en pleine préparation du dîner. Pour fêter la rentrée, elle lui avait préparé un repas de roi : œufs et avocats mimosa, émincé de poulet caramélisé au citron avec son riz aux petits légumes et aux épices et en dessert, une tarte à la banane et à la rhubarbe. La fillette n’avait pas le cœur à manger. Elle s’inquiétait beaucoup pour sa grand-mère. Et le pire, c’est qu’elle ne pouvait pas en parler à sa mère. Elle était fâchée avec elle et la prenait pour une folle. Elle lui avait interdit de retourner la voir. Célia avait conseillé à la jeune fille de ne pas lui reparler d’elle tant qu’elle ne serait pas prête à écouter. Lucie finirait bien un jour par lui pardonner et oublier sa rancœur. La jeune fille n’avait pas réussi à avoir plus de renseignements et devait se contenter de ce que sa grand-mère avait bien voulu lui dire. C’est-à-dire pas grand-chose. Elle était aussi très évasive sur le sujet. Maëlle dut donc faire comme si de rien n’était. Elle dressa la table tout en évitant de répondre aux questions que lui posait sa mère.

« Alors, comment ça s’est passé avec Constant ? Ça a été sa journée, demanda-t-elle gentiment.

— Je ne sais pas. Il n’a pas dû avoir le droit de sortir. Il n’était pas au rendez-vous. Ou alors, il est rentré trop tard, marmonna la fillette en évitant de regarder sa mère pour qu’elle ne perçoive pas son inquiétude.

— Qu’est-ce que tu as fait alors, insista Lucie, soupçonneuse.

— Je suis allée me promener et je me suis retrouvée pas loin de l’étang. Je trouve dommage que personne ne l’entretienne. Tout tombe en ruine là-bas. Même la cabane en bois est tombée. » Maëlle espérait bien obtenir des renseignements sur cet étrange endroit, mais non. Sa mère passa au pourpre et sortit précipitamment de la cuisine en prétextant aller chercher une salade pour le dîner. Pourtant, il y en avait déjà une, épluchée, dans l’évier. Maëlle sut à cet instant que l’étang et sa grand-mère étaient liés d’une manière ou d’une autre et qu’elle devait découvrir ce qui s’y était passé. Elle se jura de réussir, lorsqu’elle vit sa mère revenir avec les yeux rouges, signe qu’elle avait pleuré.

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