Extrait du chapitre 11

Elle arriva à treize heures devant la grotte où, à sa grande surprise, Stephen l’attendait. Il lui expliqua qu’Émeric, après la sortie de la veille, était surveillé. Pour éviter des ennuis, il n’allait pas venir la chercher pendant quelques jours. Il portait un pantalon orange et un tee-shirt mauve tous les deux trop grands pour lui.  Son gros ventre rond dépassait de son pantalon. Maëlle n’avait pas remarqué lorsqu’il était en blouse arc-en-ciel que son ventre était si gros. Il avait donc du mal à trouver des vêtements à sa taille. Du coup, son bas de pantalon avait deux ourlets et son tee-shirt aurait pu lui servir de chemise de nuit. Stephen l’accompagna jusqu’à une petite maison isolée au milieu d’un bois du Pays des Senteurs. Elle n’était toujours pas tout à fait sûre de pouvoir lui faire confiance. Elle n’était donc pas très rassurée. Après tout, il avait quand même vacciné des Senteurins alors que lui-même était tombé malade. Il n’avait rien dit de sa maladie à personne. Et il l’avait accusée à tort.

En arrivant sur les lieux, on se serait cru dans un film d’épouvante, l’endroit était sombre, tout poussiéreux et mal entretenu à l’extérieur. Les herbes hautes recouvraient la clairière. On ne voyait même plus la voie d’accès à la maisonnette. Maëlle fut obligée de lever les pieds très haut pour se frayer un chemin. Elle pensa même à rebrousser chemin et chercha, tout en marchant, une ruse pour pouvoir prendre la fuite. Lorsqu’ils poussèrent la porte, la maison parut gigantesque à l’intérieur. Très lumineuse, il y régnait une chaleur rassurante et joyeuse. Maëlle était stupéfaite. C’était incroyable. Comment une maison si petite à l’extérieur pouvait-elle être si grande à l’intérieur ? Par quelle magie ce prodige était-il possible ?

Stephen expliqua que Constant et Émeric les rejoindraient rapidement. C’était Stephen qui avait construit cette maison avec l’aide de Maxence lorsqu’ils étaient jeunes. Elle ne se doutait pas que le médecin pouvait être si vieux ! Personne, à part eux et les gens de confiance, ne connaissait l’endroit. Comme tout ce qui se trouvait au Pays des Senteurs, il fallait avoir été accompagné et avoir vu une fois au moins la maison pour pouvoir la retrouver par la pensée. Ils l’avaient construite afin qu’elle paraisse petite de l’extérieur, comme ça, si quelqu’un tombait dessus par hasard, il la prendrait pour une cabane de chasse délabrée. Etant donné qu’Émeric était surveillé, cela faisait une bonne cachette. Il fallait juste qu’il prenne soin de ne pas être suivi. Stephen ne s’inquiétait pas à ce propos. Émeric était suffisamment malin pour pouvoir les semer ou même les amener sur une fausse piste.

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